Welcome to the Madhouse
...dixit le Joker.
Mais qu'est-ce qui nous attend dans ce monde malsain? Une mauvaise surprise. Du moins pour Batman.

Batman Arkham Asylum, des mois que je l'attendais celui-là, envers et contre beaucoup de mauvaises langues qui n'avaient de cesse de renvoyer ce jeu à ses fades ainés. Pourtant les conditions étaient réunies pour y croire dès le début :
- Une licence forte (oui mais une licence, diront certains)
- Un univers déjà établi.
- Un moteur graphique léché.
What else? Non bah justement pas George Clooney dans le rôle du justicier masqué, là on a du vrai, du bon batman. Quoique... On ne reconnait pas assez le personnage torturé qu'est l'homme chauve-souris, même au travers des séquences de l'épouvantail et des multiples allusions psychologiques du Joker, c'en est dommage mais on l'oublie rapidement.
Action? Aventure? Infiltration?
Oui monsieur, tout ça servi sur un plateau d'argent. Le jeu nous place aux commandes de Batman (vous vous attendiez à quoi d'autre?) en vue à la troisième personne, pour pouvoir profiter au mieux de cette magnifique cape et de la fluidité du bonhomme. Héros sur le stick gauche, caméra libre sur le droit et nous voilà partis pour quelques heures inoubliables dans un monde où le Joker à prit le contrôle de l'asile et y a enfermé notre bon ami. Le moteur graphique passe sans transitions des cinématiques en temps réel au jeu en lui même, nous éparganant les temps de chargement frustrants et facilitant ainsi une immersion totale.
Car sur ce titre en particulier tout se joue là : l'immersion. Et on peut dire que rien ne manque. Musique au poil, doublage français d'excellente facture ( et j'insiste, même si le doublage d'origine est déjà très bon.), bon sang la voix du Doc de Retour vers le Futur colle parfaitement au Joker! Réactions des adversaires convaincantes, car contrairement à d'autres jeu du genre, ils ne font pas la queue en attendant que celui qui est devant se fasse dégommer gentiment, non, ça ne se passe pas comme ça ici, ils sont méchants et vous sautent dessus en même temps... Sauf quand il n'y a plus de place. Ce qui me permet d'enchaîner (merci les gars) sur le système de combat, sans doute le plus compliqué à ce jour, jugez plutôt : un bouton pour frapper, un bouton pour esquiver. Ouah! Où est l'arnaque?, me direz-vous. Et bien il n'y en a pas, ce système est juste bluffant, Batman porte ses coups avec précision et en déployant une force tout juste jouissive à regarder, et enchaîne les combos en fonction de l'inclinaison du stick analogique, pouvant alligner plus de 40 coups divers et variés dans la tronche des clowns mal réveillés. Sans oublier les petits "finish" façon bullet-time jamais lassants.
Mais je vois que vous êtes du genre pacifiste, non? Et bien ne frappez pas! Cachez-vous, passez en mode "vision de détective" pour repérer vos ennemis de loin et liquidez-les sans bruit, suspendu à une gargouille en pierre ou planqué à l'angle d'un couloir, sans jamais attirer l'attention des autres. Bon parce que c'est vrai que pour avancer dans le jeu faut allonger tous les ptits gars qui viennent vous voir, mais ils ne sont pas morts (Batman n'est pas payé pour tuer), ils sont juste assomés pour une dizaine d'heure, soit grosso-modo le temps de finir le jeu.
C'est trop court!
On ne le dira jamais assez, les jeux sont de plus en plus courts, mais franchement là, à l'instar d'un God of War ou d'un Bioshock, on en a pour son argent, beau, immersif, une histoire bien ficelée et des protagonistes convaincants, la recette est bonne et devrait peut-être même être copiée, ça ne ferait pas de mal je vous le dis.
Alors oui, le jeu est un poil trop court (pensez à mettre d'emblée le mode normal, voire hardcore), mais les niveaux différenciés par les multiples batiments de l'asile sont variés, les boss font plaisir à voir (quelles émouvantes retrouvailles...) même si les combats sont plutôt convenus, et quelques surprises que je ne peux dévoiler sont juste ENORMES et très bien inspirées.
Paralèllement au mode histoire il vous reste aussi le mode défi à vous mettre sous la dent, qui rallongera le jeu jusqu'à votre prochain achat, d'autant plus que vous pouvez comparer vos scores à toute la communauté en ligne ce qui pimente le challenge pour ceux qui n'aiment pas rester sur le carreau.
On n'oubliera pas non plus ceux qui veulent tous les succés/trophés qui auront aussi du pain sur la planche. Car Edward Nygma a passé son temps à élaborer quelques énigmes (visuelles) à résoudre et à placer des points d'interrogation à ramasser au cours de votre périple. Ceux-ci vous permettront de débloquer moultes figurines et autres descriptifs des principaux résidents de l'asile, de quoi satisfaire amplement votre curiosité.
Que dire d'autre?
Si vous êtes encore là à lire ces lignes, d'abord bravo, ensuite je tenais juste à préciser que le jeu est sorti en version normale et collector, cette dernière vous donnera accés à un nouveau défi ainsi qu'à un carnet du Dr Young cataloguant tous les psychopathes du jeu, un making of vite ficelé (et pas très instructif hélas) ainsi qu'un batarang qui est beau.... de loin, non parce que de près c'est juste un peu du foutage de gueule, un truc en plastique avec un effet "usé" pas convaincant du tout et qui pèse 20 grammes....Ne vous amusez pas à le lancer contre un mur, ce dernier aura raison de lui.
A part ce petit écart commercial je ne peux que vous conseiller de vous procurer ce jeu (par les voies légales bien entendu).
Alors on peut lui reprocher de ne pas mettre en avant plus de gueules célébres du comics, il y aura toujours des frustrés et c'est normal, faut bien préparer le terrain pour une (probable) suite. En contrepartie les bad guys présents sont à pleurer, perso j'adore Poison Ivy et l'Epouvantail, sans parler du Joker of course. On peut également souligner l'utilisation intensive du mode de vision "détective" qui, bien qu'ingénieux, s'avère au final légérement redondant et génére une légère frustration de ne pas aprécier la beauté du jeu comme elle le mérite.
On notera aussi la dégradation autant des décors que du costume de batman qui se déchire et ça c'est génial. Un bon point aussi pour la faiblesse de notre héros face aux armes à feu, quelques douilles auront vite raison de lui, prenez-en note, ce qui confère une dose de réalisme particulièrement bien amenée.
Bref.
Du lourd, du pesant, un jeu qui se dévore sans en laisser une miette et qui a l'audace de se faire réclamer une suite, le bougre, car si on reste sur sa faim, on ne le regrette pas. Pas de répétitivité absurde, pas de difficulté insurmontable, pas de facilité pour autant. Pas de compromis donc, ce jeu est presque parfait. "Presque" parce que le jeu parfait est déjà pris par un autre, désolé mon batounet.
9/10
les doigts dans le nez.