Qui veille sur nous?
Watchmen – les Gardien de Zack Snyder
L’histoire se déroule dans une époque alternative aux années 1980 aux Etats-Unis. Un Nixon partit pour un troisième mandat, caricaturé à l’extrême, une guerre du Viêtnam remportée par les américains, une guerre froide sur le point d’exploser dans tous les sens du terme et de mettre le monde en mode « apocalypse on ». Une époque sombre qui accepte la fatalité des événements.
Voilà le contexte de Watchmen – les Gardiens.
Qui sont ces gens déguisés de latex moulant aux couleurs criardes et aux coupes toujours kitch ? Rien d’autre que la descendance d’anciens policiers ayant choisi de combattre le crime à leur manière.
Mais cette descendance est vouée à une retraite anticipée lorsque la population juge qu’ils ne sont pas aptes à gérer les conflits, et c’est lors de cette retraite que débute le film, lorsque le Comédien se fait tuer par un inconnu qui veut en finir avec les héros d’un autre temps.
Raconté comme ça ce n’est peut-être pas alléchant, mais l’intrigue est vaste et s’inspire d’une graphic novel – dérivé des comics propres aux USA – d’Alan Moore. Où les héros n’ont guère de superpouvoirs et ne sont que des êtres à la psychologie fragilisée par des années de lutte vaine, chargés de veiller sur l’humanité sans que personne ne prenne soin de veiller sur eux.
Prenant le point de vue de Rorschach, héros masqué et fatigué qui pense avoir mis à jour un complot de grande envergure voué à mettre le monde à genoux, le film nous retrace une période sombre mais en s’attardant plus sur ses protagonistes et sur les relations pour le moins tendues.
Il ne faut pas moins de 3h pour en venir à bout, avec pas mal de blabla à la hauteur des personnages, quelques scènes d’actions qui restent gravées dans la mémoire par leur redoutable efficacité, leur précision et une caméra qui n’est pas avare en belles images, cherchant à tout vous montrer, des effets spéciaux de toute beauté, une intrigue bien ficelée, de celles qui vous font réfléchir après coup et vous révèlent vos talents de philosophes.
Une seule mise en garde et elle est de taille : ici point de Spiderman, Hulk ou Wolverine, les Watchmen c’est un peu de vous et de moi (oui je suis un super héros !!!!). Certes le film met du temps à installer son histoire, son univers, avec quelques flashbacks mais sans ellipse, on prend toute l’ampleur de sa narration dans les ultimes minutes.
En bref, de belles images, une bande son exceptionnelle mêlant du Bob Dylan, Simon&Garfunkel et un bel opéra et des personnages inspirés et prenant, un réalisateur qui a prouvé son amour des univers différents avec l’Armée des Morts et 300.
Que demander de plus ?
Le DVD, le Bluray ?
Allez-y, il est sorti aujourd’hui, cette bande annonce traduit tout-à fait l'atmosphère du film.