Vagabondage
Vagrant Story.
21 juin 2000, j’ai 19 ans et je suis fébrile à l’idée de mettre cette galette noire dans ma console grise. Trois ans après la claque de FFVII, quelques mois après la maturité de FFVIII, les vacances approchent, je n’ai pas grand-chose à me mettre sous la dent et la télévision réclame son lot de belles images. Dois-je faire confiance à l’unanimité de la presse ? Vais-je en avoir pour mon argent ?
Léa quoi ?
Entrer dans le monde de LéaMundis, un lieu isolé du vaste monde d’Ivalice (FF Tactics, FF XII), c’est risquer de s’enfermer de longues heures dans la vie troublée d’Ashley Riot, ce Riskbreaker parti à la recherche du fils enlevé du Duc Bardora. Entrer dans ce monde c’est devenir Ashley, partager sa vie d’assassin, son passé obscurci par la mort de sa femme et de son fils, c’est se laisser glisser vers un inexorable abandon de soi. Car Ashley est perdu, la vie ne lui procure plus aucun plaisir et la mort aucune peur, chacun de ses combats et vécu comme le dernier. Et pourtant il s’acharne à retrouver le jeune Joshua que détient Sydney ainsi que sa co-équipière Callo enlevée au début de l’aventure.
Vagrant ça veut dire parfait ?
Après une cinématique en image de synthèse qui ne reflète pas réellement l’esprit du jeu me voilà plongé dans un monde aux teintes sépia, inspiré de villes fortifiées françaises comme Saint Emilion. Mon héros discute d’une façon que je n’avais pas encore vue, à l’aide de bulles tirées de l’univers de la bande-dessinée. Et ça lui colle parfaitement à la peau ! Le tout souligné par de majestueuses mélodies qui reviennent à l’esprit des années après avoir quitté ce jeu.
Et mon premier ennemi arrive, amenant ma principale question : qu’est-ce que je dois faire maintenant ? Une grille apparaît et entoure cet adversaire mort vivant, et un système de ciblage me demande de choisir quelle partie du corps je veux frapper, sachant que telle arme aura plus d’impacte que telle autre sur certaines parties du corps de mon premier mort-vivant mort… Ce n’est pas du final fantasy, ce n’est pas du final fantasy tactics. C’est le mélange des deux, et c’est juste incroyable tant le système est au point et jamais lassant. A cela vient s’ajouter un système de forge qui permet de créer et d’améliorer ses armes, travail de longue haleine qui nous tient jusqu’à trouver la perle rare, la perfection, celle qui sera capable d’anéantir toutes les classes d’ennemis sans aucune distinction.
Mais qu’est-ce qui m’a frappé ?
Les armes surtout, le bestiaire faisant la part belle aux dragons, golems, minotaures et autres créatures gigantesques, la qualité graphique, la maturité des personnages, de l’univers, de l’histoire. L’attachement que l’on ressent au fur et à mesure de l’histoire pour le héros et pour sa Némésis. Ce titanesque combat final qui vaut tous les Sephiroth du monde ! Et aussi cette re-jouabilité. Parce que quoi de mieux après avoir fini un chef d’œuvre en une cinquante d’heures, que de se rendre compte que nous sommes passé à côté de beaucoup de choses et qu’on peut recommencer avec notre meilleur équipement ?
Aujourd’hui…
Tous ceux qui ont goûté un jour à ce titre ne l’ont pas oublié, beaucoup ont réclamé un nouvel opus en vain. Le jeu refait surface sur le PSN japonais mais ne semble pas s’ouvrir une voie chez nous, c’est mon seul espoir de le refaire aujourd’hui. Vagrant story a toutefois marqué les fondations de Final fantasy XII, la ressemblance des personnages n’est pas anodine loin de là, et le monde est le même, ce qui joue pour beaucoup dans la qualité de ce douzième opus.
Il n’y a qu’un seul défaut, malgré sa qualité ce jeu n’a aucune suite.
Et c’est triste.
10/10
bienvenue au Panthéon.